Choisir un cabinet de due diligence : cinq critères qui évitent une erreur coûteuse

Choisir un cabinet de due diligence : cinq critères qui évitent une erreur coûteuse

Le nom du cabinet compte beaucoup moins que le contenu de la lettre de mission, l'identité de la personne qui rédigera le rapport et le nombre d'heures réellement prévues. Cinq critères pour arbitrer sans se payer de mots.

Le choix d'un cabinet de due diligence se joue rarement où les repreneurs le croient. La taille de la structure et la notoriété de son enseigne rassurent le banquier, mais elles ne disent rien de la qualité du rapport qui sera remis. Ce qui la détermine tient en cinq points, tous vérifiables avant de signer, et tous absents des plaquettes commerciales.

Premier critère : le périmètre écrit noir sur blanc

Le coût d'un audit de reprise dépend d'abord du nombre d'audits commandés, juridique, comptable, fiscal, social, puis du niveau d'expertise mobilisé, et enfin des éléments définis dans la lettre de mission : objet, périmètre d'intervention, durée, responsabilité de l'auditeur, confidentialité. Cette énumération, reprise de la fiche officielle sur l' audit de l'entreprise à reprendre , est la meilleure grille de lecture d'une proposition d'honoraires.

Une proposition qui annonce un montant sans définir le périmètre n'est pas une proposition, c'est une intention. Demandez que la lettre de mission précise les exercices couverts, les seuils de matérialité retenus, le nombre d'entretiens prévus avec les équipes de la cible, la liste des diligences exclues et le format du livrable. Ce dernier point paraît secondaire : il ne l'est pas. Un rapport de synthèse de dix pages avec une liste de réserves chiffrées vaut mieux qu'un document de deux cents pages que personne ne lira pendant la négociation.

Deuxième critère : l'identité de la personne qui écrira

Dans toutes les structures, la vente est faite par un associé et le travail est souvent réalisé par une équipe plus junior. Ce n'est pas un problème en soi, à condition de savoir qui fait quoi. Trois questions suffisent : quelle personne sera l'interlocuteur unique pendant toute la mission, combien d'heures l'associé consacrera-t-il au dossier, et qui signera le rapport ? Une réponse évasive sur ce point est plus significative qu'un écart de dix pour cent sur les honoraires.

Troisième critère : l'inscription réelle à un ordre professionnel

Les métiers de l'audit d'acquisition ne sont pas tous réglementés, mais plusieurs des intervenants clés le sont. Un expert-comptable est inscrit à l'ordre, un commissaire aux comptes figure sur une liste officielle, un avocat est inscrit à un barreau. Cette vérification prend quelques minutes et se fait sur les annuaires publics des professions concernées, comme l' annuaire des experts-comptables .

L'intérêt n'est pas seulement déontologique. Un professionnel inscrit engage une responsabilité professionnelle assurée, ce qui change la portée réelle d'une erreur dans le rapport. Un consultant non réglementé peut produire un excellent travail, mais son engagement se limite à ce que son contrat prévoit, et son assurance à ce qu'elle couvre.

Quatrième critère : l'adéquation entre la taille du cabinet et celle du deal

Un grand cabinet international apporte une méthodologie éprouvée, des équipes sectorielles et une signature qui facilite le financement. Il apporte aussi une grille tarifaire et des standards conçus pour des opérations d'une autre échelle, ce qui produit sur une PME des rapports exhaustifs et peu opérationnels.

Une structure indépendante apporte l'inverse : un associé présent, une lecture proche du terrain, un coût compatible avec l'opération, et une couverture plus étroite. Le bon arbitrage dépend moins de la taille de la cible que de la nature du risque. Une société mono-établissement avec vingt salariés et un contentieux prud'homal se traite très bien en local. Une société avec deux filiales étrangères et un contrat cadre de droit anglais ne se traite pas ainsi.

Pour les repreneurs qui n'ont jamais mené d'opération, les dispositifs publics d'accompagnement permettent de cadrer le besoin avant de consulter. Les organismes de financement de l'innovation et de la transmission proposent des prestations de conseil et d'accompagnement qui aident notamment à formuler un cahier des charges avant de solliciter des cabinets.

Cinquième critère : la capacité à travailler en parallèle

Une due diligence n'est pas une succession de missions, c'est un chantier simultané. L'auditeur financier a besoin des mêmes documents que l'auditeur fiscal, le juriste a besoin des contrats que le social examine sous un autre angle. Si chaque intervenant redemande les mêmes pièces au vendeur, la relation se dégrade et le calendrier glisse.

Le point à vérifier est donc organisationnel : qui centralise les demandes, qui tient le journal des questions et réponses, qui arbitre lorsque deux volets tirent des conclusions opposées. Sur les opérations moyennes, il est souvent plus efficace de confier cette coordination à un seul intervenant, même s'il n'est pas le plus cher, que de multiplier les prestataires sans chef d'orchestre.

Le rôle particulier du commissaire aux comptes

Lorsque la cible en a un, il constitue une source d'information à part. Sa mission légale de certification lui a donné accès à des éléments qu'aucun auditeur d'acquisition ne verra en quelques semaines, et ses rapports antérieurs, notamment ceux relatifs aux conventions réglementées, documentent les relations entre la société et ses dirigeants. Le cadre d'exercice de cette profession est décrit par sa compagnie nationale . Ce n'est pas lui qui réalisera l'audit d'acquisition pour le compte du repreneur, mais ses travaux passés méritent d'être demandés dans la data room.

Ce qui doit figurer dans la décision finale

Au moment de choisir, comparez trois propositions sur une même base : périmètre identique, exercices identiques, livrable identique. Si les écarts d'honoraires restent importants à périmètre égal, la différence porte sur le nombre d'heures ou sur le niveau de séniorité, et il faut le faire dire explicitement. Un cabinet qui accepte de détailler cette ventilation travaille en confiance. Un cabinet qui refuse vend une enveloppe, et vous découvrirez son contenu au moment où il sera trop tard pour changer.

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